L'interview du 50e anniversaire du Petit Journal du Centre Hospitalier Gérontologique de LA FERE L'interviewer : Le Petit Journal, comme vous êtes à la page, j'vous appelle "P'tit Jour", ok ? Vous fêtez votre 50ème numéro... Le Petit Journal : ...donc 50 mois d'existence... ça fait une paie comme on dit... ça en fait même 50 puisqu'on m'agrafe au bulletin de salaire, du moins de ceux qui bossent au CHGLF, pas les autres !
L'interviewer : C'est vrai, vous êtes cloné en 400 exemplaires, dont 200 diffusés à l'extérieur... Le Petit Journal : ... oui, j'ai frappé fort dans le PIF
L'Interviewer : Le PIF ? Le Petit Journal : Le Paysage Interhospitalier Français !
L'interviewer : 50 numéros ça se fête ! Mais pourquoi, alors que vous êtes gratuit, faire un "supplément payant" ? Le Petit Journal : Cà c'est l'autre, le Dirlo, avec ses soi-disant mots d'esprit : "supplément payant" signifie "supplément marrant" ! Tout ça parce qu'il a entendu l'expression "ça paye" sortir de la bouche d'une de ses fréquentations, et quelle fréquentation ! Cà voulait dire "c'est marrant", vous voyez le niveau ? S'il avait entendu dans une teuf, ça veut dire "fête" en verlan, dans une teuf d'échanges de voeux "cérémonieusement cérémonique" un truc du genre "nonobstant le handicap d'une vision managériale prospective obérée par une rationalité superfétatoire..", je me demande comment il aurait qualifié mon supplément, vous voyez le niveau ? Et puis d'abord, si j'étais pas gratuit, combien aurais-je de lecteurs ?
L'interviewer : Pourtant, si vous n'avez pas de prix, on dit que vous avez une valeur énorme ! Le Petit Journal : Tu parles ! Distribué avec les bulletins de salaire... C'est démago. Il verrait un peu, l'autre, dans quel état serait son climat social s'il donnait un de mes exemplaires à la place du bulletin de salaire au motif que j'ai une valeur, comme vous dites, énorme.
L'interviewer : Pourtant, vos lecteurs vous aiment bien, ils seraient même plutôt petitjournalophiles... Le Petit Journal : Si vous faites allusion à ce sondage téléphonique, alors là, je vous arrête tout de suite. Ils n'ont pas été interviewés ceux qui aussitôt qu'ils me reçoivent menotté à leur bulletin de salaire m'en détachent pour me jeter illico à la poubelle... et je ne parle pas de ceux qui demandent à ma rédactrice la date de parution juste pour savoir quand ils auront leur bulletin de salaire !
L'interviewer : Donc c'est agressif... comme un pitbull au teint de sale air ? Le Petit Journal : Moi je fonctionne à l'affection. J'aime les lecteurs qui me feuillettent, me lisent, me relisent, me gardent près d'eux : ceux-là, oui, je les adore. Je vais même vous faire une confidence, y'en a même qui m'apportent jusque dans leur lit ! Et puis sentir leurs mains contre mon papier, c'est touchant...
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